L’invisibilité des symptômes féminins en médecine est un phénomène largement documenté, où les plaintes des femmes, notamment sur la douleur ou des troubles chroniques, sont souvent minimisées, considérées comme « psychologiques » ou non prises au sérieux. Ce biais sexiste conduit à des retards de diagnostic, à une errance médicale et à une perte de confiance envers le corps médical.
Invisibilité et minimisation des symptômes féminins
Les pathologies dites « invisibles » affectant majoritairement les femmes (endométriose, fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique) sont sans biomarqueurs clairs, ce qui complique leur diagnostic. Les femmes doivent souvent consulter plusieurs médecins avant d’obtenir un diagnostic, ce qui aggrave leur souffrance et peut conduire à un isolement psychologique. De plus, les douleurs féminines sont sous-estimées dans le cadre des soins, notamment en urgence, avec un retard et une moindre efficacité des traitements antalgiques par rapport aux hommes.
Biais sexistes et stéréotypes
Les professionnels de santé perpétuent parfois un « gaslighting médical », où les symptômes des femmes sont attribués à leur « hypersensibilité » ou à des causes hormonales et psychologiques sans investigation approfondie. Ces biais traduisent une médecine historiquement centrée sur le modèle masculin, avec une exclusion des femmes dans les études cliniques, engendrant une connaissance partielle des spécificités féminines en matière de santé.
Conséquences graves
- Retards importants dans le diagnostic de maladies féminines spécifiques, comme l’endométriose qui met en moyenne 7 ans à être diagnostiquée.
- Sous-diagnostic dans des domaines généraux, dont les maladies cardiovasculaires où les symptômes féminins sont atypiques et souvent mal interprétés, augmentant la mortalité.
- Sentiment d’incompréhension, de stigmatisation et stress psychologique, pouvant aggraver les symptômes physiques.
Recommandations pour un changement
- Intégrer dans les cursus médicaux une formation sur les biais sexistes et les spécificités féminines.
- Accroître la recherche médicale centrée sur les femmes et leurs pathologies spécifiques.
- Sensibiliser les patientes à affirmer leurs symptômes et à demander un second avis si nécessaire.
- Adapter les pratiques cliniques pour considérer les symptômes féminins de façon plus juste et personnalisée.
Cette invisibilité des symptômes féminins est une problématique majeure de santé publique, nécessitant une prise de conscience et une réforme profonde à la fois dans la formation, la recherche et la pratique médicale.
