le piege de l’attention sélective aux signaux du corps

L’attention sélective aux signaux du corps joue un rôle central dans l’anxiété, les troubles somatiques et l’hypocondrie. Ce processus consiste à focaliser prioritairement son attention sur certaines sensations corporelles, souvent perçues comme menaçantes, au détriment de nombreux autres signaux neutres ou rassurants. Ce mécanisme devient un « piège » psychique qui entretient l’inquiétude et la perception de danger.

Qu’est-ce que le piège de l’attention sélective ?

  • L’attention sélective, en général, permet de filtrer les innombrables informations sensorielles internes (signaux du corps) et externes afin de ne retenir que ce qui est pertinent, protégeant ainsi d’une surcharge cognitive.
  • Chez les personnes anxieuses ou hypocondriaques, ce filtre se dérègle : l’attention devient captée, de manière exagérée et répétée, par les sensations inquiétantes du corps (battements cardiaques, douleurs, tensions…), lesquelles deviennent le centre des préoccupations.
  • Ce biais d’attention conduit à une hypervigilance corporelle : la moindre sensation inhabituelle est scrutée, interprétée négativement, amplifiée mentalement, et confirmant sans cesse la peur d’un problème de santé.

Conséquences du piège de l’attention sélective corporelle

  • Cercle vicieux anxieux : Plus l’attention est portée sur les sensations, plus celles-ci semblent envahissantes ou inquiétantes, renforçant les préoccupations et l’anxiété, qui augmentent à leur tour la perception et la fréquence de ces signaux.
  • Difficulté à lâcher prise : Il devient difficile d’ignorer ou de relativiser une sensation, même bénigne, car le processus de sélection attentionnelle est biaisé vers la menace ou le danger.
  • Entretien des symptômes : La focalisation amplifie les symptômes, ceux-ci étant interprétés comme alarmants alors qu’ils sont souvent anodins (palpitations, fourmillements, douleurs transitoires…).
  • Entrave au bien-être : Ce mode de fonctionnement peut mener à de l’isolement, à une incapacité à profiter des activités quotidiennes, et à entretenir le trouble anxieux ou hypocondriaque.

Mécanismes psychologiques en jeu

  • Biais de confirmation : L’attention sélective va constamment rechercher les sensations qui « valident » l’inquiétude de départ, ignorant tous les signes rassurants.
  • Réduction de la flexibilité attentionnelle : Les signaux non menaçants sont passés sous silence, la personne reste bloquée sur ce qui inquiète.
  • Impact sur la mémoire : Les expériences négatives ou anxieuses sont mieux retenues, entretenant la conviction d’un « danger » corporel permanent.

Comment sortir du piège ?

  • Psychothérapie cognitivo-comportementale (TCC) : Apprendre à rééquilibrer et rééduquer l’attention, à développer une perception plus nuancée des sensations corporelles, et à diminuer la tendance à interpréter tout signal comme dangereux.
  • Méditation de pleine conscience : Développer la capacité à observer les sensations corporelles de façon neutre, sans jugement ni amplification, favorise un retour à une attention plus équilibrée.
  • Exercices attentionnels : Pratiquer des exercices qui sollicitent d’autres sources d’attention (sensations extérieures, environnement) pour relâcher la pression sur les signaux internes.

En résumé, le piège de l’attention sélective conduit à une vigilance accrue et problématique vis-à-vis du corps, qui alimente les troubles anxieux et somatiques. L’entraînement à diversifier et nuancer son attention, avec un accompagnement professionnel, permet souvent de neutraliser ce cercle vicieux.

Laisser un commentaire