Spasmophilie : une maladie de société ?

La spasmophilie, aussi appelée syndrome d’hyperventilation ou tétanie latente, regroupe un ensemble de symptômes physiques et psychiques (crampes, fourmillements, palpitations, sensation d’étouffement, angoisse) liés à une hyperexcitabilité neuromusculaire, souvent déclenchée par le stress ou l’anxiété. Elle touche principalement les femmes jeunes et actives, avec une prédominance dans les sociétés occidentales modernes.

Pourquoi parle-t-on de « maladie de société » ?

  • Non reconnue officiellement : La spasmophilie n’est pas considérée comme une maladie dans les classifications médicales internationales, mais plutôt comme un syndrome ou un trouble fonctionnel, ce qui alimente le débat sur sa légitimité médicale.
  • Facteurs sociaux et environnementaux : Le mode de vie moderne (stress professionnel, pression sociale, exposition accrue aux écrans, rythmes de vie rapides) semble favoriser l’apparition de ces symptômes chez des personnes vulnérables.
  • Forte médiatisation et polymorphisme : Le concept de spasmophilie a connu une forte médiatisation, avec une grande diversité de symptômes, une prédominance féminine, et une difficulté à être définie médicalement, ce qui en fait un exemple typique de « maladie d’époque ».
  • Stigmatisation et incompréhension : Les personnes souffrant de spasmophilie se heurtent souvent à l’incompréhension du corps médical et de leur entourage, étant parfois considérées comme des « faux malades » ou renvoyées vers la psychiatrie, ce qui peut aggraver leur mal-être.

En résumé

La spasmophilie illustre bien la notion de « maladie de société » : elle traduit le mal-être et la vulnérabilité au stress dans nos sociétés modernes, sans être une maladie objectivée par des marqueurs biologiques clairs. Elle met en lumière la difficulté de la médecine à appréhender certains troubles à la frontière du corps et de l’esprit, et la nécessité d’une approche globale et bienveillante pour les personnes concernées

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