la transmisssion familiale de la somatisation

La somatisation, mécanisme de défense transformant une souffrance psychique en symptômes physiques, peut se transmettre au sein des familles via des facteurs psychosociaux, génétiques et transgénérationnels.

1. Transmission psychologique et relationnelle

  • Traumatismes non résolus : Les secrets familiaux, deuils non faits ou violences subies par les ancêtres peuvent resurgir sous forme de symptômes somatiques chez les descendants, via des loyautés invisibles ou syndromes d’anniversaire.
  • Modélisation comportementale : Les enfants apprennent à exprimer leur détresse par le corps en imitant des parents qui utilisent eux-mêmes la somatisation comme mécanisme d’adaptation
  • Environnement stressant : Un climat familial anxieux ou surprotecteur favorise l’émergence de troubles somatiques, en renforçant l’hypervigilance corporelle.

2. Facteurs génétiques et épigénétiques

  • Prédispositions biologiques : Certains gènes impliqués dans la régulation du stress (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien) ou la sensibilité à la douleur augmenteraient le risque de somatisation.
  • Modifications épigénétiques : Un stress parental chronique (violence, carences) peut altérer l’expression des gènes liés à la réponse immunitaire ou émotionnelle chez l’enfant, favorisant des maladies psychosomatiques.

3. Dynamiques transgénérationnelles

  • Fantômes familiaux : Des traumatismes non élaborés (ex. : morts violentes, abus) se transmettent inconsciemment, se manifestant par des douleurs chroniques ou des affections sans cause organique chez les descendants.
  • Contrats de naissance invisibles : Certains enfants portent inconsciemment la mission de réparer une blessure familiale, générant un conflit interne exprimé par le corps (ex. : migraines, troubles digestifs).

Exemple clinique :
Une enfant développe des douleurs abdominales récurrentes sans cause médicale, reproduisant inconsciemment les symptômes d’une grand-mère ayant vécu un viol non divulgué.

En résumé

La transmission familiale de la somatisation repose sur un entrelacs de facteurs : héritage de schémas émotionnels, vulnérabilités biologiques et poids des non-dits familiaux. Une prise en charge thérapeutique incluant l’analyse du génosociogramme ou l’EMDR transgénérationnel peut aider à briser ces cycles.

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