La somatisation est effectivement considérée comme un mécanisme de défense psychique inconscient, permettant de transformer une souffrance émotionnelle ou un conflit intrapsychique en symptômes physiques. Ce processus vise à éviter la confrontation directe avec des émotions ou pensées angoissantes.
Fonctionnement du mécanisme
- Déplacement de l’affect : L’angoisse ou la détresse psychique est transférée vers le corps, générant des douleurs, troubles digestifs, fatigue ou autres manifestations physiques sans cause organique identifiée.
- Protection contre le conflit interne : Elle permet d’échapper à une souffrance morale insupportable (ex. : culpabilité, trauma) en la « matérialisant » dans le soma.
- Rôle du refoulement : Selon la psychanalyse, le refoulement d’émotions inacceptables (colère, peur) entraîne un « retour du refoulé » sous forme somatique lorsque les défenses mentales faiblissent.
Caractéristiques clés
- Inconscience du processus : Le sujet ne perçoit pas le lien entre ses symptômes physiques et son état psychologique.
- Échec des stratégies d’adaptation : La somatisation survient souvent lorsque les mécanismes de défense primaires (humour, intellectualisation) ou le coping échouent à gérer le stress chronique.
- Risque de chronicisation : Si le conflit persiste, les symptômes peuvent s’ancrer durablement, conduisant à des troubles somatoformes.
Exemples cliniques
- Un enfant exposé à des violences développe des douleurs abdominales récurrentes pour éviter de ressentir sa colère envers ses parents.
- Un adulte confronté à un deuil non résolu présente des céphalées chroniques en l’absence de cause neurologique.
Ce mécanisme, bien que protecteur à court terme, devient pathologique lorsqu’il entraîne une altération durable de la qualité de vie ou des investigations médicales répétées infructueuses
