La psychanalyse considère l’angoisse comme un phénomène central du fonctionnement psychique, distinct de la peur ou de l’anxiété. Elle l’interprète comme un signal émanant de l’inconscient, révélant des conflits internes, des désirs refoulés ou des menaces subjectives, plutôt qu’une simple réaction à un danger extérieur.
1. Nature de l’angoisse en psychanalyse
- Angoisse sans objet : Selon Freud, l’angoisse se distingue de la peur car elle n’a pas d’objet précis ; elle est une réaction à un danger interne, souvent inconscient, alors que la peur répond à une menace concrète et extérieure.
- Signal du psychisme : L’angoisse fonctionne comme un signal d’alarme indiquant un risque subjectif, une menace interne liée à des pulsions, des souvenirs ou des conflits refoulés.
- Lien avec le désir : Pour la psychanalyse, l’angoisse est étroitement liée au désir inconscient. Là où il y a désir, il y a souvent angoisse, car le désir met en jeu des forces internes contradictoires et parfois inavouables.
2. Origines et mécanismes selon Freud
- Deux types d’angoisse :
- Angoisse névrotique : Tourne le sujet vers lui-même, vers un danger diffus, sans objet, souvent lié à l’attente ou à des représentations inconscientes.
- Angoisse réelle : Réaction face à un danger extérieur, mobilisant des réponses de défense comme la fuite ou l’attaque.
- Processus défensifs : L’angoisse est souvent le moteur des mécanismes de défense, qu’ils soient conscients ou inconscients. Elle peut se manifester directement (crises, phobies) ou indirectement (symptômes somatiques, troubles du comportement).
3. Approche thérapeutique psychanalytique
- Laisser parler l’angoisse : Plutôt que de la faire taire, la psychanalyse vise à permettre à l’angoisse de s’exprimer par la parole, l’association libre, ou d’autres médiations. Cela rend l’angoisse « élaborable », c’est-à-dire qu’elle peut être comprise, transformée et intégrée par le sujet.
- Interprétation et parole : Le psychanalyste accompagne le patient pour déchiffrer le sens de l’angoisse, en explorer les racines inconscientes et en dégager la signification dans l’histoire personnelle.
- Changement durable : Ce travail en profondeur vise à modifier la relation du sujet à son angoisse, à en réduire la force paralysante, et à favoriser un apaisement durable plutôt qu’un simple soulagement symptomatique.
4. Différence avec d’autres approches
La psychanalyse ne cherche pas à supprimer l’angoisse par des médicaments ou des techniques de gestion rapide, mais à en comprendre la fonction et à en traiter la cause profonde. Elle considère que traiter uniquement les symptômes (par exemple avec des anxiolytiques) ne résout pas le problème de fond.
Résumé
La psychanalyse considère l’angoisse comme un affect fondamental, révélateur de conflits intérieurs et de désirs inconscients. Son objectif thérapeutique est de permettre au patient de mettre en mots cette angoisse, d’en comprendre les origines et, ainsi, de s’en libérer progressivement par un travail d’élaboration et d’intégration
