Ressentir de la honte parce qu’on a l’impression de « ne pas avancer » dans la vie est une expérience douloureuse et fréquente, surtout dans une société qui valorise la réussite, la performance et la comparaison. Cette honte peut devenir un véritable frein à l’épanouissement personnel et à la confiance en soi.
Pourquoi cette honte ?
- Pression sociale et comparaison : Les réseaux sociaux, les attentes familiales ou professionnelles amplifient le sentiment de retard ou d’échec.
- Croyances limitantes : On peut intérioriser l’idée que « réussir » est une obligation, et que la stagnation est une faute ou une preuve d’infériorité.
- Manque de bienveillance envers soi-même : On se juge plus durement que l’on ne jugerait un ami dans la même situation.
Conséquences de la honte
- Repli sur soi : Isolement, évitement des autres pour ne pas exposer sa « faiblesse ».
- Auto-dévalorisation : Baisse de l’estime de soi, discours intérieur négatif (« Je suis nul », « Je n’y arriverai jamais »).
- Anxiété, dépression : La honte persistante peut favoriser l’apparition de troubles anxieux ou dépressifs.
- Blocage de l’action : Plus on se sent honteux, moins on ose essayer, ce qui entretient le cercle vicieux de l’immobilisme.
Comment vivre avec, et surtout dépasser cette honte ?
1. Accueillir et nommer la honte
Reconnaître ce sentiment sans se juger (« J’ai honte de ne pas avancer, et c’est humain ») est le premier pas vers l’apaisement.
2. Relativiser la notion de « progrès »
Le rythme de chacun est différent. Parfois, la stagnation apparente cache une période de maturation, de récupération ou de réflexion nécessaire.
3. Se comparer… à soi-même
Plutôt que de se comparer aux autres, regarder son propre chemin, même s’il semble lent ou sinueux. Quelles petites avancées, quelles résistances ai-je déjà surmontées ?
4. Parler de sa honte
Partager son ressenti avec une personne de confiance ou un professionnel permet de sortir de l’isolement et de relativiser la situation.
5. Redéfinir ses critères de réussite
La réussite ne se limite pas à des accomplissements visibles. Prendre soin de soi, traverser une période difficile, demander de l’aide, sont aussi des victoires.
6. Pratiquer l’auto-bienveillance
S’accorder de la compassion, reconnaître ses efforts, même minimes, et accepter ses limites du moment.
7. Se faire accompagner si besoin
Un soutien psychologique (thérapie, groupe de parole) peut aider à comprendre l’origine de cette honte et à la dépasser.
Quelques questions pour avancer
- Quelles sont mes propres attentes, et lesquelles viennent des autres ?
- Qu’est-ce que je m’interdis de ressentir ou de vivre à cause de cette honte ?
- Quels petits pas, même invisibles, ai-je déjà accomplis ?
En résumé
Vivre avec la honte de ne pas avancer est difficile, mais ce sentiment n’est ni une fatalité ni une preuve d’échec. Il est possible de l’accueillir, de la comprendre, de la partager et, peu à peu, de s’en libérer en redéfinissant ses propres critères de valeur et en s’accordant plus de bienveillance. Le chemin du changement commence souvent par l’acceptation de là où l’on est, sans jugement.
